
La Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA), célébrée le 24 janvier, met en lumière la richesse des cultures africaines et de leurs diasporas, promouvant le dialogue interculturel et le développement durable. Le 24 janvier 2026 marque une édition particulièrement vibrante avec des événements variés en Afrique, en Europe et dans les Amériques, tels que conférences, concerts et expositions. Cet article philosophique explore sa signification profonde comme catalyseur d’identité collective et d’harmonie globale.
Racines historiques
L’UNESCO a proclamé cette journée en 2019 lors de sa 40e Conférence générale, en lien avec la Charte de la renaissance culturelle africaine adoptée en 2006 par l’Union africaine. Cette date symbolise non seulement un héritage vivant, mais aussi un appel philosophique à la reconnaissance de l’Afrique comme berceau de l’humanité, où la diversité culturelle transcende les frontières géographiques pour unir diasporas et continents. Elle invite à réfléchir sur l’essence de l’être humain : une existence tissée de traditions orales, d’arts performatifs et de savoirs ancestraux qui défient l’universalisme eurocentrique.
Thème 2026 : Jeunesse et paix
Pour 2026, le thème « Héritage culturel, progrès et harmonie : Engager la jeunesse d’Afrique et de ses descendants pour renforcer la paix dans le monde » met l’accent sur la transmission intergénérationnelle. Philosophiquement, cela évoque l’idée hégélienne de l’esprit du temps (Zeitgeist) appliquée à l’Afrique : la jeunesse comme force dialectique entre passé préservé et avenir innovant, favorisant la paix par la créativité partagée. Des événements comme ceux à Paris (organisés par la Délégation togolaise et l’UNESCO) ou à Saint-Denis illustrent cette dynamique, mêlant musique, danse et débats.
En Afrique, Brazzaville et Kinshasa vibrent en tant que Capitales africaines de la culture, avec expositions et festivals ; en Europe, Paris et Bruxelles accueillent conférences et ateliers ; aux Amériques, des hommages à des figures comme Lounès Matoub soulignent la diaspora. Ces manifestations incarnent une philosophie ubuntu – « je suis parce que nous sommes » – où l’individuel s’épanouit dans le collectif, transformant la culture en levier contre les fractures postcoloniales.
Au-delà des célébrations, la JMCA interroge le rôle de la culture comme bien commun mondial, aligné sur les Agendas 2063 et 2030. Elle pose la question levinasienne de l’altérité : comment l’héritage africain, riche de résilience, nourrit-il une éthique de la paix face aux défis contemporains comme les migrations ou les inégalités ? Ainsi, le 24 janvier 2026 n’est pas une commémoration, mais un appel existentiel à co-créer un humanisme pluriel.
