Koko Komégné, artiste camerounais

Koko Komégné

Koko Komégné, de son vrai nom Gaston Komégné, est né le 2 octobre 1950 à Batoufam, un petit village dans l’Ouest du Cameroun, issu d’une famille de planteurs. Très tôt, il est plongé dans un univers musical riche et varié, mêlant musiques congolaises, merengue et tchatchatcha, ce qui marquera son imaginaire artistique. En 1956, il est envoyé à Yaoundé où il étudie jusqu’au niveau CM2, et commence à dessiner, réalisant sa première sculpture, « Le Boxeur », entre 1960 et 1962, une œuvre faite à partir d’un clou déformé chauffé et martelé, conservée longtemps chez lui.

À 14 ans, il retourne dans son village natal pour redécouvrir ses racines, la culture locale, les danses, les mystères, et l’imaginaire transmis par sa grand-mère, éléments qui l’inspireront toute sa vie et nourriront son identité artistique. En 1965, il s’installe à Douala où il rencontre Jean Sabatier, un peintre français amateur qui l’influence pour débuter la peinture. En 1966, il ouvre son premier atelier, s’exerçant à reproduire des œuvres de maîtres comme Van Gogh et Picasso, tout en gagnant sa vie en réalisant des panneaux publicitaires.

Très vite, Koko Komégné cherche à s’éloigner de l’art figuratif occidental pour créer une esthétique personnelle, mêlant semi-abstraction et expressionnisme, intégrant des références fortes à l’art africain traditionnel, notamment à travers les masques stylisés et les motifs rituels. Il illustre des visages et des corps en mouvement, comme en danse, donnant une dynamique presque musicale à ses toiles. Sa peinture est marquée par une diversité de styles — cubisme, surréalisme, tachisme — sur des fonds imprégnés d’africanité.

Outre la peinture, Koko Komégné est également sculpteur. Parmi ses œuvres monumentales, « Njé Mo Yé » (2007), une sculpture en tubes de fer représentant et magnifiant le couple, marque durablement le paysage urbain de Douala. Sa sculpture « Kongné » orne la façade du musée Baham Bird, et la monumentale « Nanga Def » (2024) témoigne de son exploration contemporaine des symboles africains, rendant hommage à ses amitiés artistiques.

Musicien dans l’âme, il a aussi été chanteur et percussionniste dans le groupe Black Power, incarnant une sensibilité multifacette entre arts plastiques et musique. Malgré des épreuves, notamment un grave accident en 1997, Koko Komégné a continué à créer et inspirer des générations d’artistes africains. Sa longue carrière artistique, débutée en 1966, a célébré son 50ème anniversaire en 2016 avec une rétrospective regroupant plus de 200 œuvres.

Oeuvre de Koko Komégné
Oeuvre de Koko Komégné

Koko Komégné est considéré comme le père de l’art contemporain camerounais. Son œuvre, riche en formes, couleurs, mouvements et symboles, est un pont entre tradition et modernité, mémoire et avant-garde. Il est aussi un philanthrope de l’art, convaincu que la pratique artistique doit avant tout rendre l’artiste humain, plus que simplement chercher la richesse matérielle.

Koko Komégné s’est éteint le 28 octobre 2025 à Douala, laissant derrière lui un héritage immense, vibrant d’énergie et de culture, un véritable monument de la création africaine contemporaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *